Entre poursuivre sa vie et le suicide il choisit de vivre, le jour même il périt écrasé en traversant la rue sur un passage protégé.
Depuis qu’elle est partie personne n’aboie quand elle ne rentre plus à la maison. J’ai quand même gardé le chien et l’oreille aux aguets.
Bon et bien on fera avec dit-il au réveil en constatant l’amputation de ses deux jambes.
AÏE AÏE AÏE
quelque chose me dit que je suis en train d’avoir peur
et que ça durera
si rien ne change autour de l’endroit que je viens de quitter.
De toute façon ailleurs, c’est nouveau, mais tout reste à l’identique.
PARTOUT il en sera ainsi.
Pour maigrir perdez gros en jouant au poker.
Ils m’ont ligaturé les lèvres, privé de mes yeux pour pleurer, supprimé l’oesophage, coupé la langue et mes dents tombent. Je ressemble à une tirelire à moitié pleine, je fais du bruit quand je marche, les passants m’insultent, les enfants se moquent et je n’ai plus de bras pour me pendre. Mais je tiens le coup, il me reste une boîte de Prozac, ensuite? Ensuite je miserai sur ma foi, celle qui renverse les montagnes, mais dommage pour moi la foi et moi n’avons jamais été très amis, parce qu’il faut que je vous dise, des amis, j’en ai pas beaucoup j’en ai même pas du tout.
Quand Nino Ferrer chantait ” on dirait le sud ‘ personne n’osait le lui dire qu’il y était, dans le sud. Au niveau de la gachette il était plutôt imprévisible. D’ailleurs quand il ajoutait ” le temps dure lontemps ” tout le monde comprenait en effet,que cela ne pouvait plus durer.
Trop tard pour mourir plus jeune, comme le Christ, à 33 ans. La croix, les clous, la couronne d’épines, pourrissent dans le grenier. Les refiler? Mais à qui, les gens aujourd’hui veulent bien faire dans le spectaculaire mais pas dans la souffrance, surtout pour faire plaisir à un type qui manifestement n’en a rien à secouer de la lutte des classes.
Ma femme, mon amante, ma chatte, viennent de me quitter. Stopper l’hémorragie. Je surveille attentivement la poubelle, je pense même que je vais la ligoter au radiateur de la cuisine.
les murs se resserrent
les conserves implosent
les bouchons sautent
mon chat saute par la fenêtre
je vomis tous mes souvenirs
mes yeux s’exorbitent
j’étouffe, je m’évanouis, je pars
je te vois
acheter du thé
dire au revoir en souriant
et partir en pensant à je ne sais quoi
à je ne sais qui.
quand je me regarde dans un miroir je suis obligé de constater que je me reconnais de moins en moins et changer de miroir ne résout pas le problème, au contraire, ça me contraint à me demander ce que je deviens, où je suis passé, et à douter du bon fonctionnement de ces objets.
l’Amour défait
après l’avoir fait
quoi de plus naturel
de tenter de rassembler les restes
sans oublier que tout reste à faire.
Faire l’Amour
le Défaire
refaire l’Amour
le ReDéfaire
ReReFaire l’Amour
le ReDéDéFaire, sans bégayer
C’est prendre le risque de revenir à Ithaque
et de se faire jeter par Pénélope.
“il aimait boire sa vodka accompagnée d’un poisson rouge vivant qu’il prenait directement dans un aquarium prévu pour ce rituel. Cette forme mobile évoluant dans un verre aux parois troublées par le froid perdait ses contours, sa définition. Il adorait ça, ne sachant plus si c’était un animal ou un insaisissable baiser qui fixait son attention … “. (note de nuit)
” Il se retrouva pieds et mains liés relié à un cheval sauvage, un mustang par une corde de plusieurs mètres. quand l’ horreur concernait l’autre il pensait toujours “quelle horrible fin”. Aujourd’hui c’était son tour, c’était pas prévu, et il trouva le moment venu un peu précipité. Il n’était plus le plus fort, le plus puissant, ça il le comprit très vite. Quand il hurla “Maman, au secours, ils me veulent du mal! “, la bête démarra avec fougue, la corde se tendit, son corps dessina une virgule dans l’espace. Le point n’allait plus tarder “. (note de nuit)
Mes ” plaies mobiles “, animées par une inertie inespérée se nichent dans des endroits inaccessibles. Surtout les mentales. Impalpables elles échappent aux diagnostics en simulant des pathologies caricaturales. Elles érigent autour de moi des transparences inviolables derrière lesquelles je peux encore rire, parler, batifoler, m’enivrer , écrire des lettres d’Amour sans adresses afin de m’assurer que personne ne les lira. (note de nuit)
Quand tu y mets tes ongles pleins de gris
l’eau de vaisselle prend quelle saveur?
Quand tu te parfumes
tu sais modifier l’odeur d’un steak brûlé?
Quand tu te deshabilles
pourquoi les mouches tombent-elles du plafond?
Quand tu te maquilles
pourquoi tu enlèves aux tableaux leurs couleurs?
quand tu pars en safari
quand tu attends la proie pour le cliché
ou le chasseur pour l’exposer
pourquoi tu ne réponds jamais au téléphone?
Sans doute parce que ma vraie réalité
les bonnes réponses
se situent avant ma naissance
et après ma disparition.
ta jupe rouge, la légère, celle d’été
je l’ai retrouvée enfouie sous le sable
maculée d’algues et de bave séchée
celle que les vagues laissent sur la plage
quand elles se retirent
ta jupe rouge si légère
celle que tu portais cet été 2008
je l’ai retrouvée dans un champ
piétinée par les vaches
transpercée par les mauvaises herbes
entamée aux bretelles et au niveau des hanches
par les dents des rongeurs
cette jupe rouge que tu portais comme un diadème
je l’ai retrouvée sur une route
morcelée de taches d’huiles
alourdie de particules goudronnées
réduite à l’état de serpillière
jetée de la portière d’un trente tonnes
comme on balance un crachat
ou une boîte d’allumettes vide
ce morceau de tissu disloqué
la dernière fois que je l’ai vu avec toi dedans
tu surveillais tes enfants à Vauville sur la plage
tu marchais les pieds nus lentement
c’est tout ce que tu semblais posséder
et déjà je me disais que ce petit morceau d’étoffe de rien
jamais tu ne me laisserais le droit d’y toucher.
Cartographie:
Tu fermes ton ordi, tu descends, tu prends ta voiture, tu files faire tes courses, tu
fais à manger aux enfants, tu fumes une cigarette quand tu fumes, tu regardes le ciel quand tu regardes le ciel, tu montes te coucher, tu regardes un film, tu lis, tu t’endors, soit, mais après? Tu te réveilles, tu descends, tu prépares le petit déjeuner, les enfants, tu reprends la voiture, tu repars au travail, tu montes, tu allumes ton ordi, tu bosses, pause-café, midi, tu manges, tu remontes, tu travailles, tu fermes ton ordi, tu reprends ta voiture tu … Soit, mais après? Après? Après?
Que reste-t-il de cette jeune femme qui marchait prudemment au bord de la mer comme si c’était la première fois qu’elle voyait des vagues, des galets, du vent sous forme de vent, de l’eau pour reposer les corps, de l’eau en pente douce pour t’amener ailleurs, un jour.
(suggéré par l’armoire aux délices)
Je viens de finir de manger. Fromage blanc à zéro % avec radis découpés en fines lamelles (sel, poivre) c’est excellent.
Et toi, tu tiens le coup avec tes cigarettes?
ce matin envie de prendre le métro et d’aller aux puces de St Ouen
Envie de prendre mes cliques et de donner des claques
envie de plein de pains au chocolat
envie d’acheter un lapin à longues oreilles
envie d’être le 16 octobre 1974
de retrouver ta formule
qui me mettait en plat du jour.
Tu ne travailles pas aujourd’hui?
Alors “amuse”-toi bien
cool cool cool
(dernières paroles des passagers du Titanic)
Au fait
Ai mangé hier soir avec Baudelaire. Complètement déchiré vers 3H du matin, s’est mis à déclamer du Bob Dylan en hurlant que tout ça n’était que foutaises!
bon, sur ce je vais me raser.
” quand je me regarde dans un miroir je suis obligé de constater que je me reconnais de moins en moins et changer de miroir ne résout pas le problème, au contraire, ça me contraint à me demander ce que je deviens, où je suis passé, et à douter du bon fonctionnement de ces objets “.
Drame? Tragédie? Fait divers? Cacahuète? Coup de poing? Bavure? Et tant d’absurdité concentrée dans un oeil de verre.
Je n’ose imaginer le désastre dans les trésoreries, les églises, et les syndicats d’initiatives le jour où il explosera.
Je ne sais pas où tu es. Il est 14h, un samedi aussi banal qu’un goëland bleu devant un urinoir de Marcel Duchamp et je me pose cette question digne d’un transfert immédiat aux urgences.
Le où plus le es, ces deux là associés peuvent mener à une folie éduquée et sans danger … Pour les autres.
Finalement je suis resté. Je me suis endormi. Je voudrais tant mais je ne le peux pas. Help i need somebdy Help, i need un body + un esprit m’accablant de questions et de comportements incompréhensibles.
Tous ces gens qui m’entouraient appartenaient déjà au défilé d’images précédant paraît-il l’approche de la mort.
J’ai préféré fuir.
Où es-tu?
La peur des voix sans corps.
Une pléiade de soleils m’entoure: quatre ou cinq
si l’on compte celui d’en-dessous.
J’aime ainsi me précéder, me suivre
…initier mon corps aux vides mortels
m’observer sous tous les plans
m’attribuer des prénoms
variants suivant les positions …
Je crois au sacré, je suis un panthéiste romantique enthousiaste, véhément, frénétique, et pessimiste. Il m’arrive cependant de penser à consacrer quelques minutes à faire mes courses, à dévier mon énergie vers les basses besognes habituellement réservées aux domestiques. Comme tu l’auras remarqué je touche aussi à la mythomanie, elle m’aide à ramasser mes morceaux quand je me démonte, quand je m’extermine, sans pitié aucune, pour cet ego qui n’a d’égal que ce que je veux bien lui octroyer, c’est à dire peu tant le jugement que je porte à mon encontre est déformé par ma subjectivité.
HEY MAN
I STEPPED ON A MINE YESTERDAY
et depuis
beaucoup de choses ont changé