BILL MURRAY DOS

BILL MURRAY DOS

Lost in translation

Sophia Coppola

BILL MURRAY FACE

BILL MURRAY FACE

Lost in translation

Sophia Coppola

Ilham et moi

Après écoute, je comprends mieux ce que pensent les jeunes des quartiers. On ne peut plus occulter désormais cette version. Va falloir que l’on bouscule l’ordre prioritaire de nos concepts, plus simplement de nos acquis politiques et intellectuels. Enfin c’est ce que je pense. Construire un programme c’est passer par l’adaptation à des situations, à des occurrences inattendues (le voile d’Ilham), à des complexités souvent d’origine culturelles ou communautaires auxquelles nous ne sommes pas préparés mais que nous n’avons pas le droit d’ignorer et à propos desquelles nous devons absolument débattre avant de recourir aux solutions de facilité type déchetteries.

Les yeux de mon frère, englouti sans prières.

Les yeux de mon frère, englouti sans prières.

Tables transparentes. Ignorées
contournées sans reconnaissance
les matins de grande purification
quand la nausée bloque tous les pores
supportent les déchets de nos existences
un paquet de cigarettes vide
une plage d’assiettes, de verres crasseux
un peu de désespoir, ton portable
et le souvenir d’une fille très désirable.

Des fragments de temps fondu
collants comme du riz gluant
tombent du ciel, inondent les cités
affolent les volaillers, les maraichers
les marchands de frites et de saucisses.
Je t’observais en oubliant les mouches
ta démarche emballait la foule
tes cheveux suivaient sa cadence
nous étions éblouis
et puis nous repartions, chez nous
pour nous affranchir des bruits et des gens.

Pendant des pluies, des orages
des soleils succédants
le temps s’étalait dans un coin de la chambre
discrètement
pour ne pas gêner les chats
couchés près de ton corps qui disait:
“regarde-moi, profite encore de moi
la vieillesse ne m’a pas complètement entamée”.

Je SUIS parfois, à l’occasion
le temps de palper mes jambes, mes bras
de lire les traces des poux marins dans le sable
de faire la queue aux caisses des supermarchés
juste un peu ou longtemps pour me rassurer
et l’eau de la grande piscine sans fond
ne m’obligera pas à fermer les yeux
comme ceux de mon frère englouti sans prières.

Là-bas le passé n’est pas
mais personne ne l’entend
il n’est qu’une forme du présent
qui l’absorbe et le prolonge
je regrette de ne pas vous appartenir
vous que j’aime tant et encore
tandis que vous vous destinez ailleurs
je triste et je tristesse
de ne plus vous voir déposer vos yeux sur mon corps.

HURT – lettre à Morphine.

HURT - lettre à Morphine.

Pendant dix jours et plus selon l’INSEE, il avait travaillé à décrocher, à effacer de son faciès tous les stigmates des ravages causés par son big bang personnel. Il avait bonne mine. Depuis dix jours et plus selon les observateurs de l’ONU  il avait travaillé sur les perspectives, sur son positionnement face au soleil, sur l’incidence des ombres, pour apparaître sous son profil le plus digne d’intérêt en sachant que toute mise en scène n’aboutirait sur rien de signifiant, comme d’habitude. Il connaissait pourtant les aboutissants de ces inutiles et dérisoires comédies réalisées sous passion IN VITRO. Mais ces bricolages esthétiques lui donnaient du trac, de ce trac qui le rendait ridicule en toutes circonstances officielles, le privait de dignité comportementale et le condamnait inéluctablement à la fuite.
Je suis donc parti, poussé par plus fort que moi. Impossible d’aller boire un verre, de le p(r)endre par le pied sans trembler en lui maintenant la tête en haut c’était absurde et contraire à la photo de Mussolini p(r)endu par les pieds la tête logiquement orientée vers le bas. Toute cette disposition, ces tables alignées à l’ombre d’arbres presque plantés pour, tout ça était formidable, frais et chaud, champêtre, convivial à souhait. Une véritable embuscade tendue à l’Amitié et à l’Amour. Pour moi ce fut trop. Trop lâche pour lutter contre une nature incurable. Trop habitué à ne pas mettre les pieds dans la mare, les mares avec vagues ça se conçoit difficilement. ET tous ces inconnus qui en une seule entrevue avec toi me privent de la durée qui m’est impartie en un an par un code civil que je ne connais pas. Et tous ces échecs que j’anticipe désormais de manière culturelle en occultant tous projets d’entrevues de trottoirs, même de trottoirs. Une rumeur pourrait courir que j’appartiens au MOSSAD alors que c’est du mot SAD dont il est question. En me dirigeant vers la sortie je maudissais qu’elle fut disposée si loin des espaces respectifs quittés au fur et à mesure de ma progression. Je n’avançais pas assez vite par rapport à ce sentiment de crise qui m’étouffait. Je tremblais jusqu’ au bout de la langue. Mes yeux s’embuaient, j’avais honte d’en être arrivé à cette forme de ridicule qui tue. Rien de ce que j’aime ne me donne plus signe d’espoir. Je ne comprends rien à ce qui m’arrive, à ce qui me prive d’un peu d’affection. Peut-être ne suis-je pas assez bon, bon bon et bon, dégourdi.
Samedi j’ai eu mal au coeur, si mal.

Toi tu étais superbe, resplendissante.
Et sincèrement, je fus « heureux » pour moi.

Fallait pas m’inviter 2

Fallait pas m'inviter 2

Sois rassurée
j’ai retrouvé ta main droite
dans un caniveau de la rue de la soif
j’y ai découvert un tampon hygiénique
celui que tu as voulu jeter
avant qu’il ne te déconstruise
dans les chiotes du chinois
je t’avais prévenue pourtant
que c’était un passionné
un possessif
et à son frère
t’aurais jamais dû lui proposer
de lui faire goûter tes Nems.
Et pour l’objet alors
on fait quoi maintenant?

Nouvelle lettre à Morphine.

Nouvelle lettre à Morphine.

peinture Antoine CORREIA

ma vie d’écriture avec toi, je la compare à un voyage à travers une ville où se succèdent ruines, décharges, propriétés privées inviolables, villas, poubelles, piscines, vallées d’immondices, rivières de diamants, voitures de luxe, marais d’ordures. Je traverse cet univers sans jamais pouvoir m’arrêter. Je n’y trouve pas ma place. Je n’y ai encore descellé aucun endroit tranquille, aucun espace de paix où me reposer. Plus j’ avance plus l’homme disparaît du paysage. Mes chances d’accueil s’amenuisent. Tant que je trouverai des mots pour faire des phrases à te destiner je sais que je trouverai les forces de poursuivre. Ainsi, chaque matin, je creuse des trous que je rebouche le soir. Travaux inutiles que le temps accepte du moment qu’aucun obstacle ne vient troubler son passage. C’est de l’Amour que je porte chaque jour vers un point qui clôturera l’idée que je m’en fais. La définition de l’Amour pur n’inclut pas obligatoirement l’idée de dualité. Elle renforce au contraire le concept, lui restitue son humanité. Nous en parlions souvent, toi et moi, quand le sens de l’histoire, cruellement, fit semblant de s’intéresser à nos petites vies. Pour toi je ne sais plus. Tu as mis à jours tes papiers et refais le plein d’essence. Moi, jusqu’au dernier instant précédant le dernier je croirai en mon immortalité. Jusqu’à l’ultime capacité de souvenance je maudirai cette période mystificatrice où la notion d’Amour pur fut réduite à une absurdité philosophique de plus. Pourtant j’y crois encore même si je connais maintenant sa nature fantasque, sa notoriété suspecte et surfaite, ses dispositions aux collaborations les plus malhonnêtes. Il suffit de voir le monde tel qu’il est, les hommes qui le déterminent, les politiques comme les hommes qui y vivent et le fabriquent, pour constater que malgré tout, c’est nous qui avions raison. Ce fut si beau, si simplement vrai mais hélas trop parmi EUX. Quand je les vois maintenant je m’éloigne, je m’en retourne chez moi. Je les sais gentils, mais pas tant que ça. Je les reconnais sympathiques mais j’étouffe quand ils m’entourent.
Voilà pourquoi je ne peux plus ne plus penser à toi
et pourquoi je m’en vais quand j’ai trop mal au coeur.

LAUDANUM

LAUDANUM

Lettre à Morphine


Le seul médium qui ait du talent pour exprimer au mieux la réalité c’est la réalité elle même, pas la littérature, pas la peinture, pas la panoplie complète des Arts-Plastoches. Je regrette d’avoir tant écrit à ton sujet sans jamais parvenir à évacuer exhaustivement et plus tous les sentiments que tu as fais naître en moi. Trop de pudeur? Manque de talent? Peur de déranger, de t’effrayer? J’hésite maintenant à m’étaler, à m’épandre, deux verbes peu académiques pour évoquer la sincérité, par crainte de redondance ballote mais choisis aussi pour consacrer la dérision de ma désuète persévérance. Non, je ne vais pas bien, ce constat a autant de valeur qu’un « ça va je te remercie ». Je prends aujourd’hui la véritable mesure de ce que représente la poursuite d’une existence dépourvue de l’assurance de ne plus jamais recevoir un seul petit baiser du matin, de ceux que l’on donne vite fait bien fait à la va-comme-je -te-pousse avant de partir au travail. Je suis fatigué de tout ce cinéma qui m’entoure. Je me suis mis à nu. J’ai tout mis sur la table et crois-moi pendant la dissection je ne me suis pas épargné, je n’ai pas vomi non plus. Je considère que je ne mérite pas ce qu’il m’arrive et comme je déteste l’injustice je ne vois pas pourquoi je ne la combattrais pas lorsqu’elle me concerne. Il n’empêche, je suis devenu ce que je suis et si je ne puis faire autrement je continuerai ainsi, ne m’en déplaise mais je ne me pourrai jamais me reprocher d’avoir trop aimé, si cette expression a un sens. Je me trahirais si je blablatais avec une autre que pour le plaisir de me faire plaisir. Je suis trop vieux pour ce genre de fantaisies simiesques. Pourquoi vis-tu mon Amour, dis-je quand je délire, avec toutes ces qualités et tous ces défauts que j’admets et que j’absous, je ne sais de quel droit d’ailleurs quand comme maintenant je ne sais plus que dire au lieu de me taire? Merde! Mille fois Merde! Pourquoi bois-tu tout mon temps en plus? Pour me sauver de mon passé excessif? Pour me maintenir en ascèse? Pour aseptiser mes délires dont celui, consternant, de t’avoir aimé? Pourquoi tu prends deux jours pour partir loin à me laisser, une fois de plus, des heures et des jours sans nouvelles? Pourquoi les gens que l’on aime disparaissent des dans la mort, des dans des choix d’autres vies afin de plébisciter d’autres destins, pour aboutir à terme au même désespoir de ne plus jamais les revoir? Ce matin je ne voulais pas te parler enfin t’écrire. C’est loupé, encore une fois, comme tout ce que je vis et surtout ne me dis pas le contraire pour me faire plaisir. Tu sais je ne veux pas vivre avec toi. Sachant que tu ne le désires pas non plus il m’est aisé de le reconnaître. Je ne le veux pas, sincèrement, pour des tas de raisons aisément concevables. Par contre pour toi je le peux. J’y consacre ma volonté depuis la dernière fois que j’ai tenu ta main. Là je ne me relis pas je sombre dans le style roman de gare station « les hauts de Hurlevent », ce n’est pas grave. Alors oui vivre pour toi cela signifie quoi? Surtout n’angoisse pas. Je ne te demande aucune participation physique (alors: une pièce ou deux pièces?), ne te propose plus d’invitations qui te mettraient en indisposition bien que l’assurance perçue d’importuner me blesse, m’efforce, m’oblige à respecter cet épisode où nous fûmes « invités » et les interprétations que tu en as extraites bien que de mon côté, parfois, je me demande si tout cela a bien existé. Je vis donc pour toi, et pour nous, parce que si tel n’était pas le cas ma vie n’aurait plus aucun sens. Voilà, ce n’est pas plus compliqué que ça. Encore une fois, toutes ces lignes, pour en arriver à cette platitude de fait existentielle. Encore un petit texte qui s’achève pour en suggérer d’autres, que tu liras encore j’espère, et ainsi de suite, jusqu’au jour où vous ferez cuire vos grillades sur les poussières encore brûlantes de ma crémation. Et aussi JAL et OUBLIHAI te demandent dix secondes, pour les embrasser. Encore dix secondes, embrasse-les moi, s’il te plaît.
C’est toujours moi d’habitude qui clôture de la sorte et j’en ai plus qu’assez de sanctifier les platitudes.
S’il te plaît …

Bonjour chère Hell’s Angel

Bonjour chère Hell's Angel

Journal/Extraits.

Bonjour chère Hell’s Angel,

plus tu me sens plus tu t’éloignes
plus tu brouilles les pistes
mais je sais, moi, où tu es
dans ta douche, chez le poissonnier
aux toilettes, à lire Télérama
dans ta cuisine, sur la route
partout où je n’existe pas
ça te rassure d’être sûre
ça te convient, d’aller franc-jeu
t’assurer de ta tranquillité
ça te convient, de sortir sous la pluie
le soleil, le vent
et de voir que personne d’autre n’apparaîtra
que ceux qui acceptent tes règles
mais je sais aussi où tu n’es pas
c’est à dire là où  le malheur a fait
que j’apparaisse un jour
dans une clinique proche
de la plage donnant sur les île du Levant.
H.MOI

Je me suis penché sur la mer
Pour communiquer mon message
Aux poissons:
«Voilà ce que je cherche et que je veux savoir.»

Les petits poissons argentés
Du fond des mers sont remontés
Répondre à ce que je voulais.
La réponse des petits poissons était:
«Nous ne pouvons pas vous le dire
Monsieur
PARCE QUE»
Là la mer les a arrêtés.
Antonin Artaud

Nouvelle journée, nouveaux fantasmes, les mêmes qu’hier déguisés. J’habite toujours au deuxième comme si ce qui s’est passé cette nuit, RIEN, aurait pu bouleverser l’état des lieux. Je mange du son d’avoine plus … Du son de blé. J’ai lu dans un livre du Docteur DUNKAN, nutritionniste au sommet des charts, que c’était bon pour la santé. Je dansais le tango avec un berger Allemand mais un imbécile, que Dieu lui pardonne, a décidé d’arroser ma maison d’essence avant de mettre le feu à une allumette. Je suis passé devant le maquettiste. Y était exposée une petite maquette d’hélico uniquement destinée à l’intérieur des maisons, un hélico qui vole en plus! J’ai failli la prendre pour l’offrir mais je ne sais pas si la maman aurait apprécié. Cathy, la petite chatte que j’ai eu tant de mal à apprivoiser est partie. Et faire plaisir ne me réussit guère non plus. Les gens ont raison de penser qu’ils ont raison, c’est leur droit et je m’incline. Je ne suis qu’une dosette assimilable à toutes les autres. Une société se constitue ainsi. Faut en accepter ses dysfonctionnements dû à la nervosité et à l’intolérance de tous. A chaque fois qu’ils s’embrassent ou font l’Amour désormais je zappe, je vous assure Mad’moiselle je ferme les yeux. Je mets ça sur le compte d’un traumatisme. Encore un autre? Oui, encore. Tu pourrais m’expliquer, toi, pourquoi je bloque? Problème de vitesse, vraisemblablement dans les fictions. Tous les protocoles se déroulent si aisément que lorsque je les vois claquer des doigts pour conclure je me dis que je dois être vraiment un big béotien en la « matière ». Rester silencieux, degré zéro de la com, ou penser ce que l’on dit a cet avantage sur le dire ce que l’on pense que les figures de rhétorique en sont expulsées. La méchanceté en est exclue quand bien même il s’agit de la vérité que l’on expose. Sommes nous tous utiles sur cette terre? Ne faudrait-t-il pas envisager d’exterminer toutes ces parasites dont je fais peut-être partie pour ne garder que les créatifs, les rentables, les acteurs, les actants réellement actifs, les je suis et j’ t’emmerde? Heureusement il n’y en a que deux ou trois par siècle qui partagent cette théorie. Ceux qui la partagent sans oser le dire sont plus nombreux, beaucoup plus. Les fafafafafafafafa les fafafafafafascistes (version édulcorée de la chanson d’ Otis Redding). J’avais une deuxième maman (je ne savais pas que la première était la vraie) gourmand, non pas gourmand, inquiet, j’en ai désiré une troisième, pour faire du stock en cas de conflit nucléaire mais ça me marche pas comme ça qu’ils ont tous dit. Comme la première elles m’ont signifié que j’étais maintenant un grand garçon, qu’il était temps de quitter la maison, de montrer aux AUTRES combien j’étais devenu adulte. S’assumer, savoir se débrouiller seul, cesser de pleurnicher en permanence, de se plaindre de l’injustice, des ingratitudes de l’existence, rire, jouir, se faire des amis, partir merde, prendre le train pour aller ailleurs, c’est tellement mieux ailleurs. Si elles sont toutes conformes au mode d’emploi, ces mamans, je pense me mettre à la peinture, pour voir, comment je pourrais les représenter en mode inconscient maniaco dépressif morbide. Mais faut avoir du talent pour être reconnu post mortem et moi, du talent, je n’en ai eu que sous forme monnaie, quand je vivais sous l’antiquité. Quand tu partiras, demain, ce soir, de suite,  n’oublie pas de prendre tes cachets, de ne pas prendre froid, de boire de l’eau et d’en trouver une autre y’en a plein, suffit de se montrer gentil au moins une fois. Finalement, au lieu d’une maman c’est d’une fille dont j’aurais eu besoin, les filles adorent l’image du père mais 15 ans de différence c’est trop peu pour dire  » tu pourrais être cette petite bestiole adoptée avec tant de désir et de précaution qui s’enfuya, un soir, par le fond du jardin « . La dernière fois que je l’ai vue, je ne pensais pas que c’était pour la dernière fois. C’est toujours ce que l’on sort comme  » anne rit  » lorsqu’un bougeant dans tous les sens disparaît pour toujours. POUR TOUJOURS expression aussi horrible que réjouissante lorsqu’elle concerne une ordure qui se suicide ou que l’on pend par les pieds après l’avoir amadouée à coups de talon aiguille dans la tronche (de cake évidemment, j’adoooore le cake, surtout ceux faits maison. Tu sais les faire?). Parfois je me demande ce que ça fait de sauter sur une mine, vous verriez mon corps actuel voler en éclats et se ramasser sous dix mille aspects notoires, un corps neuf où je ne dirai jamais dans, vous ne pourriez plus jamais m’oublier.
10h04, il est temps d’aller me laver à l’intérieur de la bouche, là où vivent tant de malheureux condamnés à vie, séparés à jamais des fleurs, des chichis (les beignets), des voitures roulant dans les flaques exprès, pour l’éclaboussure, des quais de gare, et des femmes qu’on aime à perte de vue en pure perte. Tiens, ça tombe bien, je suis à l’intérieur. Je vais avoir droit au dentifrice Email diamant, le rouge, celui qui rend tout blanc, qui projette des étoiles dans les rues, le soir, quand je sortais des troquets plein de gin tonic, et de promesses de cadeaux que je tenais toujours. Je ne regrette rien. Je sais qu’au fond de moi je n’ai pas changé.
C’est apprendre ou à laisser. Et je lis beaucoup depuis toujours.
A bientôt, faut que j’aille pleurer sur les carreaux de la salle y’a un moment qu’ils n’ont pas été faits.
Bisous harmonieusement chaotiques à ramasser avec précaution. Possibilités de mettre en vase. Après? Tu peux les mettre à la poubelle. Personnellement, comme les fleurs, je les aime, même fanés.
C’est dur le silence.
Hervé.

Assister à l’envol d’un oiseau me rend oiseau.

Assister à l'envol d'un oiseau me rend oiseau.

Pourquoi ta poésie est elle toujours aussi triste et accablante? Je n’en sais rien, j’écris ce que je respire, traverse, touche, ce que j’ingurgite, et quand ça arrive sur le papier ça apparait tel quel, à l’état brut. Faut pas tricher, c’est sans doute pour cette raison qu’il émane de ma personne une forme de désespoir éclatante de santé.

Aujourd’hui, je suis OUT pour de bon!
Bonjour, mais là, aujourd’hui, en ce moment, je me lasse, je suis fatigué de continuer. La pluie me saoule et il n’y a qu’elle qui parle. Non, vraiment, j’arrête, pas dans ma tête mais sur le clavier. A quoi ça sert? Toi, ça ne ne te touche plus, ça ne gêne pas ton itinéraire, ça ne modifie pas ta cartographie, de saluer les gens qui t’apostrophent, de leur parler. Moi, j’ai dû avoir mon quota. Quant à apprécier le silence, autant apprécier le silence des légumes exposés dans les grandes surfaces. Je suis à bout simbel comme disent les égyptiens, tu peux comprendre ça non? Et réagir sans prendre ou pendre une mouche. Quant on en arrive à douter de ce qui a existé autant arrêter la radio et écouter le vent souffler dans les branches de sassafras. Ce matin j’ai envie de vomir. Je vais chercher un récipient, sortir, prendre l’air. Tu n’es pas la seule. Je suis las de tout et j’vous merde comme dirait l’épicier arabe du coin que l’on viendrait de cambrioler. Ne m’en veux pas, fais comme si de rien n’était, je n’existe pas, plus, ou en quantités inconnues, le temps passe o doble, sur un rythme déjanté de vieux beau esseulé sur une piste de danse à Buenos Aires. Demain, ça n’ira pas pire, on f’ra avec. Je sais qu’avec du très peu on peut faire du bien un peu estimable mais quand ça passe inaperçu faut stopper les machines et larguer les amarres. Je suis vraiment désolé mais en l’état je ne peux aller plus loin. Et puis tu ne m’y a jamais obligé donc voilà …

Plus j’y pense plus tu m’dégoûtes, plus tu m’dégoûtes, plus j’ai envie d’me flinguer, c’est ça qu’on appelle être bien dans sa peau quand on a plus que cette image à offrir aux gens qu’on aime bien.

Tu vois.
Je me suis tant escrimé à te comprendre, à te pardonner, qu’aujourd’hui devant tant de mutisme, d’indifférence, j’ai décidé de me faire HARA-KIRI avec un BIC, ça va être long et d’autant plus douloureux que t’en as rien à foutre!

Quand ch’s’ra grand
Quand ch’s’ra grand, m’foutrai des plumes partout, de toutes les couleurs, même dans l’cul, je r’ssemblerai à un faisan que des chasseurs tireront à bout portant, y pourront pas m’louper vu q’ moi aussi j’ s’rai bourré. C’est pour quand dis? C’est pour quand?

Tremblement.
Salle de détente. Nous sommes toutes et tous en pyjama. Pas de miroir, plus besoin. Tu ne penses plus à séduire, tu ne penses qu’à t’en sortir. Ici, quand tu veux boire, tu ne remplis ton verre qu’à moitié, par précaution.

Je diminue …
Je diminue, je m’affaiblis, régulièrement et de plus en plus. Un jour il me faudra accepter de partir, de quitter ce monde, il ne faut pas avoir peur, c’est physiologique. Le moment venu je demanderai à profiter encore un peu de la beauté de ce monde, je ne pourrai plus rien pour vous ni pour moi, j’aurai enfin trouvé la paix.

Jamais à la bonne place
Assister à l’envol d’un oiseau me rend oiseau. Quand tu m’entends parler de cet oiseau tu me vois moi, tu ne vois pas l’oiseau, c’est déprimant.

Otaries.
Nous gesticulons dans la merde. Passe-temps hyperactif. Nous émettons des sons. Aigus, graves, inaudibles. i: chéri(e), oh: salaud, snisss (?). Nous ne valons pas mieux que des otaries en moins doués pour le jonglage.