UNE VALSE DE VIENNE, FOLLE.

UNE VALSE DE VIENNE, FOLLE.

Ton crâne blanchi par la chaux
un parking abandonné envahi par la neige
un pschit, un zip, un être
à la troisième personne du passé simple
un motel isolé
pour fourmis fatiguées
tu t’y refuses, je sais.
Et pourtant
où R ton buste, tes membres?
tu nous offres quoi?
un cri, un hurlement?
ouais, d’accord, faut chercher où?
Parmi ces ronces et ces herbes démentes
lalalalala lalalala lala
lalala lalalala
une valse de Vienne
folles je te dis, rien à en tirer
« faut pas dire tirer? Bien … »
parti voir ta maman?
t’as crié maman?
c’était près d’un trou?
OK man, y’a plus d’trou
un truc rond, une circon … Un cercle!
… Et tu priais, à chacun de tes pas
précédant l’espoir
d’enfin comprendre pourquoi?
It’s saad so sad it’s so sad that situation
tu connais Elton? T’en as plus rien a secouer!
Marrant, quand je te vois, enfin quand je te vois
pas besoin d’un grand angle
tu devais être brillant
un peu taciturne
AMEU RA ITE ? I’M RIGHT ?
comme disent les british
ah, pardon, c’est juste?
Juste là, tout près du chemin?
Je m’égarais. C’est donc là que le reste …
Pardon, pardonne-moi

je sais plus, je ne sais plus

comment dire.

Un nuage. Une ombre.
Doucement, tout doucement
pénètre en moi la connaissance
de ce que tu as vécu.
Tu me quittes mon frère
comme les couleurs quittent un arc en ciel
je les entends maintenant
les EN JOUE ! FEU !

Assez de mots.

Assez de mots je préfère partir.

Au-dessus de moi le vol de mouettes d’acier

en moi la haine et ma stupeur

un coup de vent décapite la tête du père Noël

suspendu au balcon.

A la fin, c’est moi qui reste.

Il est vraiment temps que je devienne.

C’est le temps.

C'est le temps.

Texte de Alojz Ihann(poète Slovène)

C’est le temps,

de se parler,

si encore on peut encore se parler,

et de se donner

si encore on peut se donner quelque chose.

C’est le temps

et bientôt on restera sans lui.

Mademoiselle MARTIN.

Mademoiselle MARTIN.

Non ce n‘est pas grave Mademoiselle MARTIN mais prenez garde avant de larguer les amarres. Si le vent tombe trop rapidement vous ne sortirez pas de la rade. Et puis il ne s’agit pas d’un texte sur les excréments mais d’une petite réflexion sur les pièges du paraître, sur les contraintes naturelles qui nous affligent, nous déterminent, et nous exproprient du temps. Nous ne sommes pas beaux, nous ne sommes qu’apparences: par-aître= par-être comme le par nous protège du tonnerre. La vie est injuste en soi, car elle ne nous laisse aucune chance de choisir une direction. Je n’ai que cinq vitesses. A peine ai- je passé la seconde que mon corps commence à allumer les cadrans Attention! Prudence! Cholestérol, Rhumatisme, Sciatique, alors qu’ « hier encore j’avais tout juste vingt ans, je caressais le temps, je jouais de la vie (C.AZ) », juste le temps d’écraser une clope qu’ils m’ont laissé! Je ne veux pas finir vieux. Je la sens déjà la « salope », la vieille peau, l’omniprésente, l’indécrottable ordure,  s’approcher avec ses couches-culottes. Je ne veux pas devenir sénile et emmerder le monde avec mes plaintes et mes gémissements. C’est sous cet aspect là qu’il fallait voir le sens scatologique du texte. Longtemps je me suis levé tôt le matin. Longtemps je ne comprendrai rien au monde qui m’entoure.

Like a bridge over …

Arrachez-moi tout ça, surtout celles d’en haut.

Sans anesthésie?

Sans.

Rigole leur! Un zest.

Si tu évites les zones d’attraction te plains pas de ne pas entendre tes larmes et les rires des bougeants d’en bas, de ceux qui mâchent – neutre – leur sandwich – neutre – si tu ne te piques pas d’un sourire, d’un détour de visage – bref – ridicule comme une frite égarée, jamais tu ne pourras t’introduire dans le roman que de toute façon tu n’oseras pas écrire.

Le a et le é

Le a et le é

Condamné à rembobiner la bande d’une cassette audio enroulée autour des barbelés me séparant de celle qui m’a aimé. Dans cette déclaration le a et le é du – m’a aimé – me dépècent à la lame gillette, me broient, m’anéantissent, m’écrasent, comme un trente tonnes la tête d’un bébé phoque. Elle eut mieux fait ce jour là de passer son chemin.

2010

2010

Ce matin j’ai couru après une poule dans une rue de Cherbourg, je l’ai attrapée, et comme elle se débattait je lui ai fracassé la tête contre un parcmètre, suis parvenu à lui ouvrir la bouche et bien maintenant, faut le savoir, en 2010, les poules auront des dents. Bonne année.

peintre: Jacques MONORY

De Bach à Nina Ricci.

De Bach à Nina Ricci.

je peux écrire pire que tout ce que tu peux, ne pourras jamais imaginer, et plus encore. j’ai de tout dans ma boutique, ça va de l’inconnu en passant par l’invraisemblable, l’inexprimable incorrect, le putréfiant, l’inavouable, du foutre en barres d’acier, ça prend vingt secondes, dix lignes, dix coups de poing dans le présentoir qui te sert de façade, c’est pas du baratin, ça je sais faire. Tu t’es bien essuyée les fesses ce matin? Tu pensais à quoi dis-moi pendant ce temps-là? A rien? Normal, c’est l’un des moments, rare, de la journée, durant lequel l’esprit se vide. On fixe la porte, ou le sol, ou ses chaussures tandis que la main seule s’active, celle qui pourrait participer des interprétations de schumann, Chopin, Rachmaninov. En ce qui me concerne, je ne touche pas au sacré, je suis nul en ça,  j’ai pas appris, j’ai pas voulu, quel con! Qu’est-ce qu’est-ce que je regrette! Je pourrais jouer du Bach, du Beethoven … (regrets, soupirs, larmes, coups de pied dans la commode) pour le reste, les orifices, là je m’ballade, je m’introduis où je veux, éblouissant je(é)  suis! Putain on a pas autre chose à faire que de gérer, plusieurs fois par jour ces matières encombrantes, hostiles, et dégradantes? Quand j’y pense, je désespère, c’est donc ça l’homme pour l’essentiel, de la merde en marche? Et tous ces mannequins déambulant la bouche en cul de poule aussi, pissent, conchient, se torchent  sans chichis, puis reviennent en salle de maquillage avant de poser pour ELLE, le magazine des femmes modèles pour les femmes HARPIC, FUN, FASHION …Putain sortez-moi de cette galerie je suis entrain de me pisser dessus! Parfumées par Nina Ricci, Channel, Thierry Mugler, Castelbajac, Yves ST Laurent, des références mondiales dont les effluves parcourent les lieux d’aisance, les chiottes quoi, autant que les garden-parties déguisées en partouzes, ZUT, je voulais dire l’inverse.
Tout ça pour en arriver où? A quelle conclusion? mais à aucune mon p’ tit bonhomme, sinon peut-être qu’on peut griser du blanc à longueur de lignes pour passer le temps, faire dans la débrouille, l’apparence littéraire, penser à autre chose que d’appeler un indépendantiste tchétchène, le traiter de PD pour qu’il vous enfonce son revolver dans la bouche et tire. Enfin! En-Fin! Mon cadavre pourrira dans la boue d’un champ de là-bas, anonyme, et personne ne viendra me toiletter.

JANE est partie …

JANE est partie ...

… Parc’ que j’ai trop déconné.

d’après le film réalisé par Joann SFARR